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Madagascar, un état insulaire situé dans l’océan indien et dont la superficie est à peu près équivalente à celle de la France. C’est aussi une île dont les pistes redoutables se prêtent à l’exercice du sport automobile et mènent la vie dure aux pilotes les plus aguerris. Même si dans un contexte économique difficile, le championnat malgache devra longtemps se contenter de 4 ou 5 épreuves à l’année, la tradition y est vivace et de nombreuses courses de côtes ou slalom s’y disputent également. Si aujourd’hui les parcs fermés regroupent des modèles actuels, les pilotes malgaches ont longtemps fait preuve d’ingéniosité et prouvé leurs aptitudes à la mécanique pour s’adonner à leur passion avec des budgets restreints.
Chez les Rabesaotra, la passion du sport automobile se transmet de père en fils puisque le papa de Jean-Paul était déjà impliqué dans les organisations des épreuves, que Jean-Paul a couru et a été président de la FSAM (fédération du sport automobile malgache en 1999 et 2000), que son fils court actuellement en Peugeot 207 et que son petit fils de 10 ans débute en karting. C’est en 1970 que Jean-Paul fait ses débuts dans le sport automobile en disputant slaloms et gymkhanas au volant de la modeste Fiat 125 paternelle. Des débuts relativement brefs puisqu’il va très rapidement s’envoler vers Montpellier pour y fréquenter l’école de notariat.
Arrivé en France, Jean-Paul commence par se rendre à l’école de pilotage d’Albi où il suit une formation au volant d’une MEP à moteur GS. Il se porte ensuite acquéreur d’une Simca Rallye 2, d’abord d’origine, puis doté d’un kit, avec laquelle il se frotte aux autres membres du Simca Racing Team (SRT) notamment lors des épreuves sur circuits. Toujours dans l’Hérault à la fin des années 70 pendant une demi-douzaine d’année, Jean-Paul continue de disputer des épreuves régionales slaloms et rallyes sous différents pseudos dont – Le chinois – car sinon ses participations nécessitaient des autorisations de la fédération malgache (FSAM) encore embryonnaire à l’époque.
Même s’il n’a aucune formation en mécanique, Jean-Paul s’est toujours occupé de la préparation de ses voitures et au fil du temps a accumulé une certaine connaissance dans ce domaine. En 1986, après avoir fini ses études et avoir acquis de l’expérience, Jean-Paul retourne à Madagascar exercer son métier de notaire. Après des débuts en rallye et courses de côtes sur une étonnante Renault 30 V6, Jean-Paul se prépare alors une CX 2200 renforcée comme il se doit, et équipée d’un carburateur double corps Weber prélevé sur une Simca 1100. Avec une ligne d’échappement modifiée, la CX affichait un 200 km/h compteur en 4ième à 7100 tr/mn. En dépit de ces régimes élevés, le moteur n’a jamais montré de signe de faiblesse, peut-être en partie grâce à l’huile Molygraphite Antar utilisée tant pour le moteur que pour la boite de vitesse.
Il dispute de préférence des grands rallyes longue distance (2000 km) tels que le GRIM (grand rallye international de Madagascar), le rallye PAPMAD (Papeteries de Madagascar), Rallye des Letchis entre autres. De 1986 à 1989, il participe à 5 rallyes avant de devoir changer de monture suite à des soucis pour s’approvisionner en pièces de rechange. La CX obtient, quand elle termine, un classement honorable entre la 5ème et la 10ème place au classement général. En revanche lors de sa dernière participation, lors du GRIM 1989, la plaque de blindage sous la voiture se détache et malgré ce handicap, Jean-Paul décide de poursuivre sa route. A environ 400 km de Tananarive (Antananarivo), le carte d’huile finit par céder sous les chocs et, en l’absence de moyens de communication modernes, Jean-Paul et son père qui le copilotait, devront attendre 15 heures l’assistance avec en tout et pour tout deux litres d’eau.
De 1990 à 1995, c’est une berline Peugeot 504 équipée du moteur V6 qui succèdera à la CX. Cette voiture très diffusée en Afrique et à la réputation de solidité avérée, permettra à Jean-Paul d’obtenir de très bons résultats. Lui succèderont encore de nombreuses voitures, Peugeot 205 GTi, 205 Rally, Golf GTi, Lancia Delta intégrale et Toyota Celica jusqu’au début des années 2000. Après avoir permis à son fils Mickaël de faire ses premières armes sur les voitures de papa, il passe même dans le baquet de droite pour lui transmettre ses connaissances. Jean-Paul arrête ensuite de courir pour soutenir financièrement son fils et aujourd’hui regarde non sans une certaine fierté, sa petite fille débuter en tant que copilote.